Niché contre le mur du cimetière du Père‑Lachaise, le Jardin Naturel Pierre‑Emmanuel est un écrin de verdure de 6 300 m² créé en 1995 à partir d’un concours d’architectes paysagistes (Agnès Bochet et Laurent Gérard). Ce petit jardin se distingue par son engagement écologique : ici, pas d’arrosage, ni de tonte mécanique régulière — la prairie n’est fauchée que deux ou trois fois par an — et aucun pesticide n’est utilisé.
À l’entrée (rue de la Réunion), une vaste allée minérale invite à la contemplation. Elle traverse une prairie où poussent scabieuses bleues, achillées argentées et camomilles odorantes, jadis répandues dans la campagne francilienne. En gravissant un escalier, on accède à la promenade haute : une terrasse ensoleillée offrant une vue panoramique sur l’ensemble du site. Des roches calcaires affleurent au sol — vestiges des carrières du XIXᵉ siècle sur lesquelles le jardin est érigé.
Plus bas, un sous-bois ombragé abrite des fougères, campanules, géraniums herbe‑à‑Robert et hellébores fétides — toxiques et mystérieuses comme leur ancien nom l’indique (« herbe au dégoût »). Enfin, la mare pédagogique, en contrebas, est un micro‑écosystème : grenouilles, tritons, libellules rouges, gerris (araignées d’eau) et menthe aquatique y prospèrent.
Ce jardin n’est pas qu’un lieu de détente : il attire les habitants du quartier qui viennent lire, se ressourcer, ou participer à des ateliers pédagogiques sur la biodiversité et l’écologie urbaine. Les plus jeunes apprécient l’aire de jeux, située au fond du jardin, accessible en traversant la rue de Lesseps.
Ouvert tous les jours, de 8 h (9 h le week-end) jusqu’à 17 h–20 h30 selon les saisons, l’accès est gratuit toute l’année, y compris les jours fériés. On y accède facilement via le métro Alexandre Dumas (ligne 2) ou les lignes de bus 26, 64, 76.
Ce jardin rend aussi hommage au poète Pierre Emmanuel (1916‑1984), membre de l’Académie française, dont la sépulture se trouve dans le cimetière voisin. C’est un lieu rare à Paris — plus sauvage que les grands parcs, plus intime qu’un espace boisé — qui offre une bouffée d’oxygène et une immersion dans la biodiversité d’Île‑de‑France originelle.
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